lundi 26 mars 2018

ACTIVITÉS DE SEPTEMBRE 2017 À MARS 2018

Le 15 Septembre Université Populaire : conférence avec Franck Michel : voyager c'est partir pour moins subir.

Le 22 octobre : dédicace au Grand Bivouac à Albertville sur le stand de Livres du Monde

Le 24 octobre: conférence avec Eric Bothorel sur l'Éducation Populaire auprès des directeurs BAFD

Le 27 octobre : travail a avec le réalisateur Pierre Beccu et Élise Fournier  directrice artistique  des Allumeurs de Lune en vue de préparer le film sur les 90 ans de la FOL74 ayant pour support les Allumeurs de Lune.

Le 5 novembre : inauguration des rencontres du film des résistances  à Thônes.

Le 18 novembre : conférence sur l'immigration avec artisans des monde et  ligue des droits de l'homme autour du livre "Terre s'exil terre d'asile"

Le  10 mars conférence avec Franck Michel :

A l’instar de notre monde en panne d’utopies et en proie à de forts bouleversements, le voyage aussi change, se transforme, s’adapte. Surtout par le biais d’une discutable révolution numérique. Il reste pourtant un refuge, une fuite, une évasion, et parfois une libération et une forme de résistance salutaire. Pour les jeunes, le voyage est le temps des rudes et belles expériences, celui également de la passion des risques et de l’aventure, et surtout l’occasion sinon le prétexte à d’essentiels rites de passages, notamment sociaux et culturels. Pour tous, le voyage est ce moment où une vie ordinaire peut éventuellement basculer en une expérience extraordinaire, grâce à la rencontre avec les autres, mais aussi avec l’inconnu et l’imprévu, souvent le courage et parfois la sagesse. La lenteur permet de voyager en douceur, offrant toute la place à l’émerveillement, à la curiosité, à la disponibilité. Grâce au vide, en quelque sorte, on refait le plein. Apprendre pour comprendre et ne plus prendre. L’écoute remplace le bruit, l’être l’avoir, et la saveur du monde l’amertume de notre univers trop figé, trop matérialiste, trop numérisé. La marche et le vélo sont naturellement à l’honneur. L’errance choisie, et non subie, permet de relier nomadisme et autonomie, autrement dit « l’autonomadie ». Jeunes et moins jeunes se voient enfin réunis pour faire du voyage un formidable et constant apprentissage de la liberté. Celle de vivre et de circuler à échelle humaine, contre les vents et marées d’un monde à la dérive.





lundi 26 juin 2017

THÉÂTRE EN JUILLET RAPPEL

THÉÂTRE EN JUILLET ! 

Les Allumeurs de Lune commencent leur séjour le 9 juillet à SCIEZ. La pièce de théâtre qu'ils vont jouer fin juillet est en chantier dès le premier jour par les acteurs et bien avant par la direction artistique :  mise en scène, chansons, costumes, décor, etc.
Les personnes intéressées sont régulièrement tenues au courant de l'évolution des préparatifs via "LUNE MATIN" le journal des Allumeurs de Lune.


COLOMBANI Laetitia, LA TRESSE, roman.


LA TRESSE de Laetitia COLOMBANI
L’auteur
Née en 1976 comédienne, scénariste, réalisatrice : À la folie… pas du tout, 2002.  Mes stars et moi, 2008. La Tresse est son premier roman

Le contenu et la forme
Trois histoires cheminent en parallèle, chacune concerne une femme : Smita l’Indienne, Giulia la Sicilienne, Sarah la Canadienne. En cheminant avec Smita, Giulia et Sarah, chacune de ces femmes ignorant tout de l’autre, nous nous demandons s’il existe  des exceptions à la règle qui dit que des parallèles ne  se rejoignent qu’à l’infini, autant dire jamais. Ce livre est très intelligemment construit. Chaque chapitre présente alternativement le parcours de Smita, Giulia, Sarah sans fil conducteur apparent ; c’est  au lecteur de chercher s’il y a un lien, et lequel,  entre les histoires d’autant que le cheminement n’est pas une ligne droite. Chaque moment du livre est un moment d’étonnement et un carrefour où s’offrent plusieurs directions possibles.
 Le rythme de la narration est vif, sans temps mort,  sauf parfois dans les parties plus méditatives où le phrasé  s’apaise. Il y a peu de développement descriptif ni pour les paysages ni pour les protagonistes. La plupart des métaphores sont des lieux communs et les comparaisons sont assez banales. On se demande à la fin s’il s’agit d’un roman ou d’un scénario mais dans le fond la question est peut-être sans importance tant est dense l’intensité du récit  et l’émotion profonde.      

Pourquoi lire LA TRESSE ?
Il faut lire ce livre pour plusieurs raisons.
Il est humain. Les êtres humains ont la liberté de choisir entre le Bien et le Mal. S’ils sont moraux ils choisissent le Bien.
Toute personne (par définition individuée) est soumise aux contraintes de la société de ses règles, de ses traditions, de ses mœurs. Ces contraintes sociales sont parfois des obstacles à la liberté et à l’épanouissement de l’individu en tant que tel.
Il est roboratif. Face aux contraintes sociales et aux pires injustices dont elles sont victimes, les femmes, malgré leur faiblesse apparente, montrent qu’elles ont une force, une énergie et une volonté peu communes pour surmonter les difficultés et les obstacles et atteindre, coûte que coûte,  leurs objectifs.  
Il parle d’amour. Smita, Giulia, Sarah se battent contre l’adversité. Pour ce faire elles déploient autour d’elle la force de leur amour pour les autres et pour la vie contre  l’indifférence, le mépris  la haine.
Ce livre peut se référer à celui de Marie NDIAYE « Trois femmes puissantes », prix Goncourt 2009, livre plus difficile d’accès qui tisse lui aussi une « tresse » entre trois femmes qui ne se connaissent pas.





VELIBOR COLIC MANUEL D'EXIL


Vélibor COLIC « MANUEL D’EXIL », témoignage autobiographique.  

L’auteur et son œuvre
Né en 1964  Velibor Colic fait des études littéraires dans l’ex Yougoslavie puis commencé une carrière de journaliste spécialiste du rock et du jazz. Enrôlé dans l’armée bosniaque il déserte en 1992. Fuyant les horreurs de la guerre entre les Serbes, les Bosniaques et les Croates, il se
 réfugie en France. Il a 28 ans quand il arrive à la gare de Rennes. « Je suis loin et [] ce loin est devenu ma patrie et mon destin. » Il est seul, déplacé, démuni, mal vêtu, sans bagage. Il passe le seuil du malheur pour entrer dans un autre monde qui n’est ni celui de la résignation ni celui de l’oubli mais celui de l’anesthésie. Il est l’auteur d’une douzaine de livres. Il écrit en français depuis 2008. 

Le contenu
Velibor COLIC nous raconte avec beaucoup d’humour ses diverses expériences…  Il essaie de prier Dieu mais sans succès. «  Je suis sans doute trop pressé, notre Créateur travaille dans l’éternité  et mon destin est furtif. » Un  médecin lui prescrit «  une TCC pour un ESPT !!!
» Il s’agit d’une Thérapie d’Approche Cognito-Comportementale pour traiter l’État  de Stress Post Traumatique. L’origine de son stress il le connaît bien. C’était, écrit-il, très précisément « le 18 mai 1992, un après-midi paisible, bleu et clair, presque transparent. » Un groupe de soldats au repos dont il fait partie boit un café lorsqu’un sniper tue d’une balle dans  la gorge une petite fille qui joue paisiblement à côté  d’eux. « Le sang qui trempe dans la poussière autour d’elle est un tel fardeau pour nous tous, pour ce maudit pays et pour cette putain de guerre. Écrivain dans son ancien pays, il veut le rester dans son nouveau. «  Il me faut apprendre le plus rapidement possible le français. Ainsi ma douleur restera à jamais dans ma langue maternelle. » Pour obtenir ses papiers, il explique comment, devenu soldat contre son gré, il a refusé de tirer sur l’ennemi qu’on lui désignait, comment il a été incarcéré, frappé, humilié. Il conclut « L’homme sans papiers est un homme sans visage. L’homme sans patrie n’est rien, un arbre sans tronc ou un oiseau sans ailes. »  

Pourquoi lire « Manuel d’exil » ?
Lire ce livre est indispensable. La voix de Vélibor COLIC que la souffrance fait trembler mais jamais ne fait taire est celle d’un homme debout et libre. Ce déraciné cherchant une terre propice à un nouvel enracinement montre que la vie en exil n’est pas l’exil de la vie mais la recherche de la vie.  Dans leur parcours tragique les exilés parviennent à survivre en utilisant tous les moyens que le hasard leur offre et que leur volonté saisit au vol en utilisant toutes les ressources morales, physiques et  intellectuelles qu’ils se forgent pour dessiner peu à peu le chemin de leur  nouvelle vie.   Vélibor Colic nous dit qu’il ne faut pas se laisser bercer par le rêve d’un paradis illusoire mais qu’il faut vivre à plein temps sans espérer ni attendre quoi que ce soit. Ce qui n’interdit pas de faire des projets ! 



jeudi 22 juin 2017

CHEVALIER Tracy, « LA JEUNE FILLE A LA PERLE », roman.




CHEVALIER Tracy, « LA JEUNE FILLE A LA PERLE », roman.

L’auteur
Tracy CHEVALIER est née en 1962. Américaine vivant en Angleterre. Spécialiste des romans historiques, elle connaît une immense notoriété internationale grâce à « La jeune fille à la perle »

Le contenu et la forme
Tracy CHEVALIER raconte l’histoire de l’improbable relation entre une servante inculte mais éminemment réceptive et sensible et le peintre Johannes VERMEER, (1632-1675), relation qui donne naissance à un tableau appelé aujourd’hui « La jeune fille à la perle » considéré souvent comme « La Joconde du Nord. » Peu productif et peu reconnu comme peintre de valeur par ses contemporains Johannes Vermeer est considéré à partir du XIXème siècle comme l’un des peintres majeurs qui marque l’histoire de la peinture.
Lorsque le peintre, sans en rien dire à personne décide de faire le portrait de sa servante cela provoque un énorme scandale pour diverses raisons. Le peintre refuse l’accès de son atelier à sa femme. La servante qui doit consacrer tout son temps à l’entretien de la maison l’aide dans la fabrication de ses couleurs. « Je préparais à contrecœur les couleurs qu’il me demandait chaque matin. » La servante est réticente à poser. « Je ne m’étais pas rendu compte qu’il me fixerait avec une telle intensité. » Elle finit par accepter et participe même activement à la création de l’œuvre. « Ce que j’appréciais par dessus-tout c’était de passer  davantage de temps dans l’atelier. » Elle comprend avant le peintre ce qui manque au tableau « Percevant ce qui faisait défaut, cette petite touche de lumière… » Pour créer le point lumineux et central du tableau elle  doit porter -  scandale ultime -  les boucles d’oreille de l’épouse !  « Une servante ça ne porte pas de perles » « Le tableau a besoin de cette lumière que reflète la perle. »

Pourquoi lire « LA JEUNE FILLE A LA PERLE » ?
Cette histoire qui dépeint l’abime social qui sépare le monde de la servitude et le monde des maitres nous touche par son actualité. Elle montre que la condition sociale n’a rien à voir avec la sensibilité artistique et créative (pour qui sait regarder le banal peut être transcendé en œuvre d’art) ni avec la force des sentiments (le maître peut aimer sa servante et réciproquement). Elle montre aussi que, quelle que soit l’époque, les clivages sociaux sont des entraves à la liberté et au bonheur et que le combat pour ces deux valeurs est un combat quotidien qui passe par les gestes et faits les plus anodins. Chacun des faits et gestes des protagonistes de cette histoire, à la fois subtile et rugueuse, est indispensable au sens de l’histoire comme est indispensable chaque touche de peinture à l’équilibre et à la beauté du tableau. Comme dans toute histoire bien construite, nous nous laissons saisir par les aléas du récit jusqu’à son dénouement. Nous vivons de la vie des personnages. Leur vie qu’elle soit triviale ou sublime nous aide à mieux vivre la nôtre.